Foreign coverage by the New York Times
Je reviens tout juste d'une conférence super intéressante donnée par Ethan Bronner, The New York Times deputy foreign editor, venu parler du "coverage" (comment peut-on traduire en français ?) du conflit international.
Le département du foreign coverage du NYT compte une cinquantaine de personnes dont le rôle est d'aider les gens à comprendre ce qui se passe dans le monde. Comprendre ce qui se passe autour de nous, que ce soit dans n'importe quelle réion éloignée de chez nous ou juste à côté est primordial et nous donner une meileur compréhension de nous-mêmes. Il a bien entendu commencé par parler du 11 septembre, en disant que les Etats-Unis étaient le pays le plus puissant du monde et avaient un impact énorme sur la vie des gens. Il a souligné l'importance pour un pays tel que les Etats-Unis de comprendre comment les gens les perçoivent et quels sont leurs peurs et opinions à propos des politiques étrangères des Etats-Unis.
Le plus dur coverage est bien entendu l'Iraq, pour lequel 4 reporters sont affectés. Il a décrit leurs conditions de vie, dans des maisons gardées, déplacements contrôlés, etc. C'est extrêmement dur pour les journalistes de travailler dans de telles conditions, mais c'est leur rôle et personne ne met en doute le besoin de couvrir ce sujet.
En ce qui concerne les idéaux des Etats-Unis de répandre la démocratie, il a fait remarqué que cela signifie donner aux gens le droit de vote. Or, selon les résultats de récentes élections, le choix des électeurs ne correspond pas forcément avec la vision des Etats-Unis et ses idéaux de paix et de démocratie. Il a notamment cité la Palestine et le Hamas, l'Arabie Saoudite, l'Egype et les Frères Musulmans.
Revenant au 11 septembre il a exposé aux étudiants d'autres idées pour essayer de contredire cette idée selon laquelle c'est l'Islam entier et en lui-même qui hait les Etats-Unis. Il a rappelé que pendant plusieurs siècles, le monde musulman avait été le centre de la civilisation, bien plus avancé que l'Europe par exemple. La perte de ce prestige est une raison qui pourrait expliquer ce ressentiment. Il a dressé un parallèle, disant que nos petis-enfants pourraient ressentir ce même sentiment si la Chine et l'Inde continuent leur croissance. Il a également rappelé que la chute de l'Empire Ottoman il y a environ 80 ans avait marqué la fin du Califat et qu'une nouvelle carte avait été artificiellement dessinée, le but étant de savoir comment gouverner ces sociétés. En Iraq par exemple ce sont les Sunnites qui ont été chargés de gouverner, aux dépens des Schiites.
Il a également adressé la question des femmes dans la société, et comment en Grande-Bretagne de plus en plus de jeunes femmes adoptent le voile dans un signe de protestation et pour envoyer un message aux gouvernements, pour protester contre les politiques étrangères au Moyen Orient.
Enfin, il a fini sa conférence en lançant un avertissement et nous appelant à être vigilants, à apprendre à connaître le Moyen Orient, qu'il considère comme la source du prochain conflit global. D'où l'importance du foreign coverage pour éduquer.
La suite était une discussion et séance de questions/réponses.
Quelqu'un lui a demandé comment se faisait la sélection pour déterminer ce qui allait être couvert ou pas, faisant allusion au rapport écrasant d'articles concernant l'Iraq et ceux sur le Darfour. Il a répondu que les sujets qui prenaient le maximum de temps, d'argent et d'énergie du gouvernement étaient ceux qui devaient retenir l'attention des médias, ce qui ne veut pas dire qu'il faille négliger pour autant d'autres sujets tout aussi importants, comme le Darfour par exemple. Mais l'Iraq est incontestablement le sujet le plus important à l'ordre du jour.
Questionné sur le futur du Moyen Orient, il a répondu qu'il était pessimiste et y voyait la source de 3 guerres civiles, en Palestine, au Liban et en Iraq, avec au milieu, Israel, pour détourner notre attention de ces conflits, et l'expansion de l'Iran.
En parlant du travail de journaliste, il a eu cette phrase que je trouve très intéressante et qui résume bien je pense le métier de journaliste : "It's my job to ask questions and not providing answers".
Il a également travaillé pendant deux ans je crois dans le département éditorial, et a fait remarqué la différence entre l'éditorial et les journalistes : "people for the editorial departement are more advocates than journalists, because they always have to pass a judgement". Il a dit que la différence était intéressante mais qu'il avait arrêté ce job.
Il a également raconté un des éléments marquants de sa vie au Moyen Orient comme correspondant : la mort d'Itzhak Rabin, et son émotion était perceptible, en racontant ses souvenirs en tant que journaliste au coeur d'un des événements marquants de l'histoire.
Enfin, la dernière question portait sur l'avenir de la presse, notamment contre la blogosphère. Il a décrit le web comme un outil incroyable, notamment pour les foreign news et a parlé du problème auquels tous les journaux doivent faire face aujourd'hui, à savoir comment rester rentable. Il a dit qu'il y avait beaucoup moins de foreign coverage qu'il y en avait avant et a bien entendu insisté sur la nécessité de lire un journal.
Cette conférence était très intéressante et j'ai trouvé génial d'avoir en face de soi quelqu'un qui travaille au New York Times ! Wahouh !!! Son analyse était très intéressante, ainsi que son expérience ! C'est le genre de moment motivant et qui inspire ! Il nous a bien entendu encouragé
à être correspondant à l'étranger lol !
Je ne sais pas trop si c'est ce que je veux faire. C'est ultra intéressant, probablement dangereux et très difficile. On voyage aussi énormément, on apprend beaucoup et on rencontre plein de monde. A voir, de toute façon, je n'y suis pas !
By the way, on vient de me rendre ma feature story, je suis super cntente parce que j'ai eu un A-. Cela fait partie des choses que j'aime beaucoup écrire, probablement parce que j'essaye d'écouter les gens, surtout quand ils sont intéressants !
Le département du foreign coverage du NYT compte une cinquantaine de personnes dont le rôle est d'aider les gens à comprendre ce qui se passe dans le monde. Comprendre ce qui se passe autour de nous, que ce soit dans n'importe quelle réion éloignée de chez nous ou juste à côté est primordial et nous donner une meileur compréhension de nous-mêmes. Il a bien entendu commencé par parler du 11 septembre, en disant que les Etats-Unis étaient le pays le plus puissant du monde et avaient un impact énorme sur la vie des gens. Il a souligné l'importance pour un pays tel que les Etats-Unis de comprendre comment les gens les perçoivent et quels sont leurs peurs et opinions à propos des politiques étrangères des Etats-Unis.
Le plus dur coverage est bien entendu l'Iraq, pour lequel 4 reporters sont affectés. Il a décrit leurs conditions de vie, dans des maisons gardées, déplacements contrôlés, etc. C'est extrêmement dur pour les journalistes de travailler dans de telles conditions, mais c'est leur rôle et personne ne met en doute le besoin de couvrir ce sujet.
En ce qui concerne les idéaux des Etats-Unis de répandre la démocratie, il a fait remarqué que cela signifie donner aux gens le droit de vote. Or, selon les résultats de récentes élections, le choix des électeurs ne correspond pas forcément avec la vision des Etats-Unis et ses idéaux de paix et de démocratie. Il a notamment cité la Palestine et le Hamas, l'Arabie Saoudite, l'Egype et les Frères Musulmans.
Revenant au 11 septembre il a exposé aux étudiants d'autres idées pour essayer de contredire cette idée selon laquelle c'est l'Islam entier et en lui-même qui hait les Etats-Unis. Il a rappelé que pendant plusieurs siècles, le monde musulman avait été le centre de la civilisation, bien plus avancé que l'Europe par exemple. La perte de ce prestige est une raison qui pourrait expliquer ce ressentiment. Il a dressé un parallèle, disant que nos petis-enfants pourraient ressentir ce même sentiment si la Chine et l'Inde continuent leur croissance. Il a également rappelé que la chute de l'Empire Ottoman il y a environ 80 ans avait marqué la fin du Califat et qu'une nouvelle carte avait été artificiellement dessinée, le but étant de savoir comment gouverner ces sociétés. En Iraq par exemple ce sont les Sunnites qui ont été chargés de gouverner, aux dépens des Schiites.
Il a également adressé la question des femmes dans la société, et comment en Grande-Bretagne de plus en plus de jeunes femmes adoptent le voile dans un signe de protestation et pour envoyer un message aux gouvernements, pour protester contre les politiques étrangères au Moyen Orient.
Enfin, il a fini sa conférence en lançant un avertissement et nous appelant à être vigilants, à apprendre à connaître le Moyen Orient, qu'il considère comme la source du prochain conflit global. D'où l'importance du foreign coverage pour éduquer.
La suite était une discussion et séance de questions/réponses.
Quelqu'un lui a demandé comment se faisait la sélection pour déterminer ce qui allait être couvert ou pas, faisant allusion au rapport écrasant d'articles concernant l'Iraq et ceux sur le Darfour. Il a répondu que les sujets qui prenaient le maximum de temps, d'argent et d'énergie du gouvernement étaient ceux qui devaient retenir l'attention des médias, ce qui ne veut pas dire qu'il faille négliger pour autant d'autres sujets tout aussi importants, comme le Darfour par exemple. Mais l'Iraq est incontestablement le sujet le plus important à l'ordre du jour.
Questionné sur le futur du Moyen Orient, il a répondu qu'il était pessimiste et y voyait la source de 3 guerres civiles, en Palestine, au Liban et en Iraq, avec au milieu, Israel, pour détourner notre attention de ces conflits, et l'expansion de l'Iran.
En parlant du travail de journaliste, il a eu cette phrase que je trouve très intéressante et qui résume bien je pense le métier de journaliste : "It's my job to ask questions and not providing answers".
Il a également travaillé pendant deux ans je crois dans le département éditorial, et a fait remarqué la différence entre l'éditorial et les journalistes : "people for the editorial departement are more advocates than journalists, because they always have to pass a judgement". Il a dit que la différence était intéressante mais qu'il avait arrêté ce job.
Il a également raconté un des éléments marquants de sa vie au Moyen Orient comme correspondant : la mort d'Itzhak Rabin, et son émotion était perceptible, en racontant ses souvenirs en tant que journaliste au coeur d'un des événements marquants de l'histoire.
Enfin, la dernière question portait sur l'avenir de la presse, notamment contre la blogosphère. Il a décrit le web comme un outil incroyable, notamment pour les foreign news et a parlé du problème auquels tous les journaux doivent faire face aujourd'hui, à savoir comment rester rentable. Il a dit qu'il y avait beaucoup moins de foreign coverage qu'il y en avait avant et a bien entendu insisté sur la nécessité de lire un journal.
Cette conférence était très intéressante et j'ai trouvé génial d'avoir en face de soi quelqu'un qui travaille au New York Times ! Wahouh !!! Son analyse était très intéressante, ainsi que son expérience ! C'est le genre de moment motivant et qui inspire ! Il nous a bien entendu encouragé
à être correspondant à l'étranger lol !
Je ne sais pas trop si c'est ce que je veux faire. C'est ultra intéressant, probablement dangereux et très difficile. On voyage aussi énormément, on apprend beaucoup et on rencontre plein de monde. A voir, de toute façon, je n'y suis pas !
By the way, on vient de me rendre ma feature story, je suis super cntente parce que j'ai eu un A-. Cela fait partie des choses que j'aime beaucoup écrire, probablement parce que j'essaye d'écouter les gens, surtout quand ils sont intéressants !


1 Comments:
At 9:10 AM,
Anonymous said…
Hello Frangine,
Intéressant, ton post. Je pense qu'on pourrait dire "couverture", pour coverage. Un service de couverture internationale, ça passe en français, non ? Après tout, les journalistes couvrent des évènements, n'est-il pas ?
Brèfle. Ca doit être chouette d'être un correspondant local pour un journal / une radio. C'est probablement très intéressant.
Tiens, connais tu ce blog ? a window in lebannon. C'est en français, et j'aime bien son analyse.
Bises !
Arno
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